

Un modèle de coaching est un cadre qui aide à structurer une conversation et à choisir les bonnes questions. Il ne remplace ni l’écoute ni le jugement du coach : il sert de repère pour aider le client à clarifier sa situation, prendre conscience de ses options et avancer.

Quel modèle de coaching utiliser ? Cela dépend de la situation. GROW aide à passer d’un objectif à l’action ; OSKAR recentre une conversation sur les solutions ; WOOP aide à dépasser un obstacle ; SCARF éclaire certaines réactions relationnelles. Ce guide présente 15 modèles de coaching, les situations où ils sont utiles, des questions pratiques et leurs limites.
Les modèles sont regroupés en trois familles :
Vous n’avez pas besoin d’utiliser les quinze. Choisissez ceux qui répondent à votre contexte et adaptez-les à la personne, plutôt que de suivre les étapes comme un script.
GROW signifie Goal, Reality, Options, Will : objectif, situation actuelle, options et engagement. Popularisé par Sir John Whitmore, c’est un modèle simple pour organiser une conversation de coaching.
Quand l’utiliser ? Quand le client a une idée assez claire du sujet et souhaite avancer vers une décision ou une action. Il peut aussi aider à recentrer un entretien individuel qui s’éparpille.
Questions à poser
Sa limite : GROW suppose parfois que l’objectif est déjà clair. Or, « Je veux être plus productif » peut cacher une question plus importante. Prenez le temps de clarifier la demande avant de passer aux options.
TGROW ajoute un T pour Topic (thème) au modèle GROW. Cette variante est associée à Myles Downey. Cette étape distingue le sujet général de l’objectif précis de la séance.
Quand l’utiliser ? Quand le client arrive avec un thème vaste ou flou, par exemple « mon équipe » ou « ma carrière ».
Questions à poser
Sa limite : TGROW aide à préciser le sujet, mais n’apporte pas à lui seul davantage de profondeur que GROW.
OSKAR signifie Outcome, Scaling, Know-how, Affirm and Action, Review : résultat souhaité, échelle, savoir-faire, valorisation et action, bilan. Ce modèle orienté solutions est associé à Paul Z. Jackson et Mark McKergow.
Quand l’utiliser ? Quand le client tourne en rond dans l’analyse du problème, ou lorsqu’il a besoin de retrouver des ressources et de l’élan.

Questions à poser
Sa limite : Chercher trop vite ce qui fonctionne peut donner au client le sentiment que sa difficulté est minimisée. Commencez par l’écouter.
CLEAR signifie Contracting, Listening, Exploring, Action, Review : contrat, écoute, exploration, action et bilan. Le modèle de Peter Hawkins insiste sur le cadre de la conversation et sur le retour d’expérience en fin de séance.
Quand l’utiliser ? Pour un accompagnement formel, du coaching de dirigeants ou d’équipe, lorsque les attentes, les limites et la confidentialité doivent être explicites.
Questions à poser
Sa limite : Les cinq étapes peuvent sembler formelles lors d’un échange rapide. Utilisez le cadre complet quand il est nécessaire et adaptez-le aux conversations plus courtes.
FUEL signifie Frame, Understand, Explore, Lay out a success plan : cadrer, comprendre la situation, explorer la situation souhaitée et définir un plan de réussite. Présenté par Zenger Folkman, ce modèle aide les managers à conduire des conversations de développement.
Quand l’utiliser ? Pour un entretien de feedback, une conversation sur la performance ou un échange où le manager souhaite soutenir le développement d’un collaborateur.
Questions à poser
Sa limite : Le manager garde une responsabilité et un pouvoir hiérarchique. Il est important de clarifier sa posture : il ne s’agit pas toujours d’un coaching au sens professionnel du terme.
WOOP signifie Wish, Outcome, Obstacle, Plan : souhait, résultat, obstacle et plan. La méthode de Gabriele Oettingen invite à imaginer le résultat souhaité, puis à identifier ce qui risque de faire obstacle et à prévoir une réponse.
Quand l’utiliser ? Quand une personne se fixe un objectif sans parvenir à le concrétiser, ou lorsqu’elle souhaite installer une nouvelle habitude.
Questions à poser
Sa limite : WOOP fonctionne mieux avec un objectif précis à la fois. Il devient moins utile si on l’applique à un projet trop vaste ou abstrait.
Le modèle transthéorique de Prochaska et DiClemente décrit plusieurs étapes possibles du changement : précontemplation, contemplation, préparation, action et maintien. Il tient aussi compte des retours en arrière.
Quand l’utiliser ? Avant de proposer un plan d’action, pour comprendre si le client est prêt à changer ou s’il est encore en train d’évaluer la situation.
Questions à poser
Sa limite : Le changement ne suit pas toujours un ordre linéaire. Une personne peut avancer, hésiter, puis reprendre son chemin.
La formule D × V × F > R - insatisfaction × vision × premiers pas > résistance - met en relation l’insatisfaction face à la situation actuelle, une vision de la situation souhaitée, les premiers pas possibles et la résistance au changement. L’idée centrale : si l’un des premiers facteurs manque, le changement peut rester bloqué. Son histoire et ses différentes attributions sont discutées ; John Latham en retrace l’évolution.
Quand l’utiliser ? Pour explorer pourquoi une personne ou une équipe n’avance pas malgré une intention de changement.
Questions à poser
Sa limite : C’est un repère de diagnostic, pas une démarche complète. Une fois le frein identifié, choisissez les questions ou le modèle adaptés.

Développé par Robert Kegan et Lisa Lahey, le modèle de l’immunité au changement aide à comprendre pourquoi une personne peut agir à l’encontre de son propre objectif. Il explore l’objectif d’amélioration, les comportements qui le contrecarrent, les engagements concurrents et les croyances qui les soutiennent.
Quand l’utiliser ? Quand un schéma se répète malgré la motivation du client, par exemple lorsqu’un dirigeant souhaite déléguer mais reprend systématiquement les tâches.
Questions à poser
Sa limite : Cette exploration demande du temps et de la confiance. Elle convient rarement à une première séance.
Le modèle ABC, associé à Albert Ellis et à la thérapie rationnelle-émotive, distingue l’événement déclencheur (Activating event), la croyance ou l’interprétation (Belief) et les conséquences émotionnelles ou comportementales (Consequence).
Quand l’utiliser ? Quand une situation précise déclenche une émotion forte ou une rumination.
Questions à poser
Sa limite : En coaching, ce repère sert à explorer une situation dans le cadre des objectifs convenus. Si la personne évoque un traumatisme ou une difficulté relevant d’un suivi clinique, le coach doit respecter les limites de son rôle et envisager une orientation vers un professionnel compétent.
Le modèle comportemental de BJ Fogg, souvent résumé par B = MAP, indique qu’un comportement (Behaviour) se produit lorsque la motivation (Motivation), la capacité à agir (Ability) et un déclencheur (Prompt) se rencontrent.
Quand l’utiliser ? Quand le client dit : « Je sais ce que je devrais faire, mais je ne le fais pas », notamment pour installer une habitude ou simplifier une action.
Questions à poser
Sa limite : Ce modèle porte sur la mise en place d’un comportement. Il ne répond pas, à lui seul, aux questions de sens ou de motivation profonde.
Le modèle de Robert Dilts, issu de la PNL, distingue plusieurs niveaux : environnement, comportements, capacités, croyances et valeurs, identité, puis vision ou mission.
Quand l’utiliser ? Quand le client tente de résoudre un problème à un niveau qui ne suffit pas. Une formation à la gestion du temps, par exemple, ne résoudra pas forcément un surinvestissement lié à la croyance « tout repose sur moi ».
Questions à poser
Sa limite : Explorer l’identité ou la mission trop tôt peut sembler intrusif. Suivez le rythme du client et vérifiez qu’il souhaite ouvrir cette piste.
SCARF, présenté par David Rock, désigne cinq dimensions des interactions sociales : Status (statut), Certainty (certitude), Autonomy (autonomie), Relatedness (lien) et Fairness (équité). Le modèle de David Rock peut aider à examiner ce qui est en jeu dans une réaction relationnelle.
Quand l’utiliser ? Pour explorer une réaction à un feedback, une résistance au changement ou une tension dans une équipe.
Questions à poser
Sa limite : SCARF aide à formuler des hypothèses sur une réaction ; il ne permet pas de savoir à la place du client ce qu’il a vécu. Vérifiez toujours votre interprétation.
La fenêtre de Johari, développée par Joseph Luft et Harrington Ingham, distingue ce qui est connu de soi et des autres, ce qui est connu des autres mais pas de soi, ce que l’on garde pour soi et ce qui reste encore inconnu.
Quand l’utiliser ? Pour débriefer un feedback, notamment après une évaluation à 360 degrés, ou lorsqu’un client reçoit à plusieurs reprises un commentaire qu’il ne reconnaît pas.
Questions à poser
Sa limite : C’est une grille de lecture pour organiser un échange, pas un processus de coaching complet.
Popularisé par Stephen Covey, ce repère distingue ce que l’on peut contrôler, ce que l’on peut influencer et ce qui nous préoccupe sans dépendre directement de nous.
Quand l’utiliser ? Quand le client se sent débordé, impuissant ou absorbé par des éléments qu’il ne peut pas changer seul.
Questions à poser
Sa limite : Utilisé trop tôt, ce modèle peut être reçu comme une invitation à « arrêter de se plaindre ». Écoutez d’abord ce que le client a besoin d’exprimer.

Ce tableau donne des points de départ, pas des prescriptions. Le modèle doit répondre au besoin du client et à ce qui se passe dans la conversation.
En France, les modèles internationaux sont généralement conservés sous leur nom - GROW, OSKAR, CLEAR, WOOP - tandis que leurs étapes sont expliquées en français.
On rencontre aussi des usages francisés ou des approches développées en France. SCORE est par exemple décliné en français par Symptômes, Causes, Objectifs, Ressources, Effets, comme le présente cette ressource professionnelle française. COSE - Contrat, Ouverture, Solutions, Engagements - est présenté par Paul Devaux comme une variante de GROW. Le [Coaching Orienté Solution (COS)](https://coachingorientesolution.com/cos-coaching-oriente-solution/), développé en France par Philippe Bigot, désigne une approche plutôt qu’un acronyme d’étapes.
Ces noms ne sont pas tous aussi répandus. Pour un lecteur qui souhaite retrouver les modèles dans des livres ou des formations internationales, il est utile de conserver l’acronyme d’origine et de traduire les étapes.
Un modèle de coaching ne remplace ni l’écoute, ni le silence, ni la capacité à remarquer un changement dans la voix ou une hésitation du client.
J’ai vu des coaches appliquer GROW avec tant de précision que le client avait l’impression de suivre un questionnaire. J’ai aussi vu des coaches sans modèle apparent provoquer un déclic en quelques minutes parce qu’ils avaient remarqué un mot important.
Le modèle est une carte. C’est toujours le coach qui est dans la conversation.
Choisissez quelques modèles, appropriez-vous leur logique, puis adaptez votre approche à ce dont le client a besoin.
Un modèle de coaching est un cadre qui aide à structurer une conversation. Il propose des étapes ou des angles d’exploration pour aider le client à clarifier sa situation, ses options et les actions qu’il souhaite entreprendre.
GROW est l’un des modèles de conversation les plus connus. Il organise l’échange autour de l’objectif, de la situation actuelle, des options et de l’engagement.
Le choix dépend du blocage. OSKAR peut aider à explorer les ressources et les signes de progrès ; les étapes du changement peuvent aider à clarifier la disponibilité du client ; le modèle de Fogg peut rendre une action plus facile à commencer.
Non. Ils servent de repères, mais le coach les adapte au client et à la conversation. Les appliquer mécaniquement peut éloigner l’échange de ce qui est réellement important pour la personne.
La majorité des modèles fréquemment utilisés en France gardent leur nom international, avec leurs étapes traduites. On trouve aussi des variantes francisées, comme COSE, et des approches développées en France, comme le Coaching Orienté Solution (COS).
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Géraldine Gauthier, MCC, est la fondatrice de GoMasterCoach, une école de formation de coaches accréditée par l’ICF, qui compte plus de 600 diplômés en Asie, en Europe et sur le continent américain.
Les liens ci-dessous mènent vers les auteurs, les organismes associés aux modèles, les publications de recherche ou des ressources professionnelles francophones. Certaines ressources sont en anglais.